On ne peut qu’être frappé par la présence, de part et d’autre du Voultron, petit affluent d’une dizaine de kilomètres de la Lizonne, de corniches calcaires espacées de quelques 200 mètres à la hauteur du Peyrat. Le creusement de ces corniches en strates horizontales atteste de l’action de l’eau par un large cours d’eau, qui contraste avec le modeste ruisseau que représente aujourd’hui le Voultron.
Comment se sont-elles formées ? Pourquoi présentent-elles ces surplombs ? Comment se présentait ce cours d’eau à l’époque des hominidés de la Quina, c’est à dire au paléolithique ?

Le docteur Henri-Martin, étudiant le site de la Quina, a donné à son collègue préhistorien G. Courty l’opportunité de fournir une explication à ces observations, dans un article de 1923, intitulé « Encorbellements préhistoriques de la Quina« . Il y remarque notamment la forme inversée des berges, plus larges à la base qu’au sommet, ainsi que des dépôts d’argile d’origine glacière à Dignac. De ces observations, il déduit que l’érosion s’est faite par des eaux froides, torrentielles, sous-glacières. En effet, la densité de l’eau variant avec sa température, les eaux plus froides de la base, à quelques °C, ont abrasé plus fortement les berges qu’en surface.

Ces écoulements torrentiels sous-glacière se sont produits lors du quaternaire, avec ses nombreux accidents climatiques générant gels et dégels, soit de -5 millions d’années à -10 000 ans, fin de la période glacière. Durant toute cette période, les écoulements torrentiels venus du massif central ont façonné les vallées du sud-ouest, comme celle du Voultron.

Les néandertaliens de la Quina, qui vécurent à -60 000 / – 40 000 ans furent contemporains de cette période glacière. Ils n’ont pas connu les encorbellements du Voultron à sec, et c’est au dessus de ces structures qu’ils vivaient, comme en atteste le site de la Quina. Le climat était froid, et le Voultron torrentiel.
Ce n’est qu’à l’holocène, vers -10 000 ans, que le climat plus chaud et plus stable a permis une réduction et une stabilisation du cours d’eau. Les abris constitués par les encorbellements se trouvèrent définitivement à sec, et homo sapiens, qui succéda aux néandertaliens vers -35 000 ans, put en faire usage.
